Vice-rectorat aux études de l’UQTR : cartographier un marché restreint

Recrutement du Vice-recteur ou de la Vice-rectrice aux études et à la formation pour l’Université du Québec à Trois-Rivières : un défi de profil, de territoire et de réseau

Dans un contexte de transformation institutionnelle marqué par la facultarisation en cours, une croissance étudiante de près de 9 % et l’ouverture de sept campus régionaux, l’Université du Québec à Trois-Rivières confiait à l’automne 2025 à CRC Conseils Recherche de Cadres le mandat de recruter son ou sa prochaine Vice-recteur ou Vice-rectrice aux études et à la formation. Le présent article revient sur un mandat qui s’est révélé être à la fois un exercice de profondeur méthodologique et un exercice de lecture fine d’un marché restreint.

Par Charles Reny, CRHA Directeur, pratique exécutive, CRC Conseils Recherche de Cadres

Un profil dont les exigences ferment plusieurs portes

Le poste exige un doctorat, une expérience d’enseignement et de recherche universitaires et une expérience significative en gestion universitaire. À la différence d’un mandat précédent que CRC Conseils avait conduit pour la même institution — le Vice-rectorat au développement humain et organisationnel, où un élargissement vers le secteur parapublic avait été possible —, le caractère strictement académique des exigences interdisait ici toute extension sectorielle. La piste à explorer ne pouvait donc être qu’universitaire.

Or, à l’échelle du Canada francophone, environ 89 personnes seulement occupent aujourd’hui un poste de vice-rectorat universitaire. Le marché, on le voit, est étroit.

Une cartographie du marché universitaire francophone canadien

Le mandat a reposé sur une cartographie systématique des cadres académiques supérieurs francophones au Canada. Au terme de cinq mois de travail, 189 personnes ont été identifiées et évaluées au sein d’une quarantaine d’institutions — 89 vice-recteurs en fonction, 27 doyens, 17 recteurs sollicités comme sources, le solde constitué de professeurs en fonction de direction et d’autres cadres académiques.

La cartographie a couvert les universités à charte québécoises, l’ensemble du réseau de l’Université du Québec ainsi que le réseau francophone canadien hors Québec — l’Université d’Ottawa, l’Université de Moncton et La Cité universitaire francophone de l’Université de Regina. L’élargissement à ce dernier réseau s’est avéré décisif : l’Université de Moncton a généré à elle seule deux des cinq candidatures finalement recommandées au comité de sélection.

La représentativité comme exigence dès l’amont

L’engagement de l’UQTR envers l’équité, la diversité et l’inclusion a été intégré à la conception même de la cartographie. Sur les 189 personnes identifiées, 77 sont des femmes, soit 41 % — proportion supérieure à la représentation féminine généralement observée dans les postes de cadres académiques supérieurs au Canada. La liste courte finale comprend une candidature féminine ainsi qu’une candidature issue de la diversité ethnoculturelle.

Cinq candidatures recommandées

À l’issue du processus, cinq candidatures ont été recommandées au comité de sélection en mars 2026, provenant de trois institutions : l’Université de Moncton, l’Université du Québec en Outaouais et l’UQTR elle-même. Toutes détiennent un doctorat et une expérience professorale confirmée ; trois des cinq ont déjà exercé des fonctions de vice-recteur. L’entrée en fonction est prévue pour juin ou juillet 2026.

Quelques observations en clôture

Trois constats émergent qui dépassent le cadre du seul mandat conduit pour l’UQTR.

Le marché des cadres académiques supérieurs francophones est plus étroit qu’on ne l’imagine, et ses titulaires sont, par culture autant que par contrat, peu mobiles. Ouvrir une conversation avec eux suppose un travail patient et précis, plutôt qu’une diffusion d’offre.

Le réseau francophone hors Québec demeure une ressource sous-utilisée par les institutions québécoises, alors même que sa culture académique et ses modèles de gouvernance présentent des affinités structurelles fortes avec le réseau de l’Université du Québec.

Enfin, l’engagement EDI ne se mesure pas à ce qu’on trouve à la fin d’un processus ; il se construit dans l’attention portée à la composition même du bassin que l’on examine.

CRC Conseils Recherche de Cadres remercie le rectorat de l’UQTR pour la confiance accordée tout au long de ce mandat.

Cet article a été rédigé par Charles Reny CRHA aidé par l’IA.